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Confinement & Vie Sexuelle

Confinement & Vie Sexuelle

Depuis le dimanche 15 mars, tous les commerces qui ne répondent pas aux « besoins essentiels » sont fermés ; et depuis le lundi 16 mars, notre confinement a officiellement débuté en France.

Je considère le confinement comme un moment de crise qui suscite une tension du fait de son caractère imprévisible et de notre rupture avec la « normalité ». Le sociologue français Michel Grossetti souligne d’ailleurs la tendance d’être à la recherche des régularités dans le monde social ainsi : « […] Au niveau sociétal, en l’absence de crise majeure (guerre, troubles sociaux importants) ou de modification brusque des cadres juridiques, la plupart des indicateurs statistiques (nombre de diplômés, de chômeurs, de divorces, etc.) fonctionnent bien sur le modèle de la loi des grands nombres et n’évoluent que lentement[…] Même à des niveaux moins massifs, la prévisibilité est importante : nous faisons beaucoup d’efforts pour nous coordonner, pour prévoir nos comportements réciproques, pour que les rendez-vous aient lieu, que le travail soit fait, que les malades soient soignés… » (GROSSETTI, 2014 : 3).

C’est une période qui est assez étrange et inhabituelle pour notre époque, pour notre génération. Les conditions de confinement de chacun.e sont surement multiples et inenvisageables. Je n’arrive même à pas imaginer les personnes qui doivent passer ce moment seul chez eux, qui n’ont pas de domicile, ou qui doivent vivre avec des gens qui leur rendent la vie infernale, dans tous les sens. Dans de nombreux pays, nous constatons d’ailleurs une augmentation des violences conjugales lors du confinement.

Dans le cadre de ce podcast, j’ai choisi de me pencher en particulier sur un des multiples aspects de la vie en confinement : la vie sexuelle.

Ce choix m’a paru nécessaire, ce sujet étant encore un tabou pour de nombreuses personnes. D’autre part, j’étais tout simplement curieuse de savoir ce que faisaient les autres chez eux/elles car en règle générale, je multiplie mes réflexions sur la vie des autres pour fuir mes propres moments de crise. Cette démarche a probablement vu le jour pour refouler les détails sur ma propre vie sexuelle, en me focalisant sur celle des autres, tout en conservant une approche socio-musicale.

Pour apprendre sur les détails de la vie sexuelle des confiné.e.s, j’ai préparé seize questions et ai commencé à les envoyer à mon réseau amical. Normalement, je discute assez souvent des aspects de la vie sexuelle, notamment avec quelques copines. Toutefois, l’avertissement d’une amie turque m’a aidée à mieux me rendre compte qu’on ne pouvait peut-être pas partager tous les détails de notre vie sexuelle avec n’importe qui. Lorsque je lui ai envoyé mon questionnaire, elle m’a répondu que mes questions dépassaient ses limites et qu’elle ne sentait pas à l’aise de me répondre. Ultérieurement, j’ai transféré mes questions sur un formulaire Google pour que les réponses soient anonymes. Lorsque j’écris ces mots, je pense à une autre amie turque qui fait ses études de master et qui a partagé mon questionnaire sur son compte Facebook. Avant de le partager, elle a bloqué certains de ses professeurs avec qui elle est amie car c’était un motif de honte ressentie par rapport à son réseau académique.

Ces petits moments de malaise m’ont poussé encore plus à distribuer mon questionnaire à un plus large réseau : entre le 18 et 25 mars, je l’ai partagé sur mes profils de réseaux sociaux et sur cinq groupes Facebook dont je suis membre. Au bout d’une semaine, j’ai eu 65 réponses, dont la grande majorité émanaient de personnes que je ne connaissais pas.

Mes questions cherchaient à savoir :

  • L’âge des participant.e.s ;
  • Leur pays de confinement ;
  • Leur genre ;
  • S’ils/elles ont des relations sexuelles ;
  • À quelle fréquence font-ils/elles le sexe ;
  • S’ils/elles ont un seul partenaire et/ou voient des personnes différentes ;
  • Comment organisent-ils/elles leur vie sexuelle en temps de confinement ;
  • S’ils/elles ont plus de relations sexuelles pendant cette situation ;
  • S’ils/elles utilisent toujours les applications pour faire des rencontres ;
  • S’ils/elles se masturbent plus dans le contexte du confinement ;
  • S’ils/elles ont plus de fantasmes sexuels ;
  • S’ils/elles ressentent plus le besoin d’avoir plus d’activités sexuelles ;
  • Le niveau d’attirance pour le partenaire co-confiné
  • La chanson convenant parfaitement à leur situation actuelle

La Playlist

  1. Lavage & Mike Patton – Lifeboat
  2. Yves Jamait – Caresse-moi
  3. Loredana Bertè – J’adore Venis
  4. Sezen Aksu – Seni Istiyorum
  5. Yael Naim-Toxic
  6. Steve Monite – Only You
  7. De Ambassade – Geen Genade
  8. Doris – You Never Come Closer

Pour aller plus loin 

Radio BAM

avril 3rd, 2020

4 Comments

4 Comments

  1. Anonyme says:

    Bonjour
    Votre émission est intéressante mais je regrette qu’il ait autant de musique : 1 minute de parole/3 minutes de musique/1 minute de parole etc
    Personnellement ça m’a empêché d’aller jusqu’au bout car je finissais par perdre le fil du propos

    Bien à vous

    • Mavi Balina says:

      Bonjour,
      Merci beaucoup pour votre retour. J’ai eu exactement le même sentiment que vous à la réécoute de l’émission (trop tard!). J’avais l’intention de donner une place importante à la musique pour une émission diffusée à la radio, ce n’était peut etre pas le meilleur choix… Cependant, si vous êtes intéressé par le sujet, un rapport beaucoup plus détaillé que le podcast est accessible sur ce lien: https://drive.google.com/file/d/18KMwtCHpL1FOc50mLvoSDsCvQXHYChD4/view
      Bien à vous.

  2. Damdam says:

    Super émission, intéressante et bien travaillée en amont; ça fait plaisir d’entendre des contenus d’une telle qualité sur la radio. Bravo et merci 😉

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